Les Contes chez La Maline
Conte de l’Arbre qui Ascensionne.
Capsule du 16 au 23 mai 2026.
On parle des arbres, on les admire, on les contemple, ils nous saluent tout le long de nos chemins de vie ; régnant au cœur de nos forets et ouvrant grand leurs rameaux vers le ciel comme est l’ offrande faite aux dieux .
L’arbre abrite tous les oiseaux du monde ; messager de la Source, il est le Gardien de tous les Mystères : mais prenez garde ! car d’un coup il vous ouvrira ses portes vers le Ciel mais aussi vers la Terre ;
Il est votre cœur d’homme, situé en votre terre, au beau Milieu – petit point sur l’horizon – repère d’en bas, pointé vers le haut.
L’ arbre est une perle, enfilade ou guirlande de lumière ; depuis ce nid creux et bouillonnant des profondeurs de notre Mère la Terre, jusqu’au Royaume Céleste de tous les univers .
Racines de la Terre et racines du Ciel, il abrite nos corps et nos espaces de vie et régule nos cycles de notre Espace-Temps.
Ainsi, tantôt « Saturne », le vieil homme à la longue barbe blanche nous racontant ses antiques légendes tout près de l’âtre ; ou « Mars » le magnifique, qui ouvre le chemin de la Vie : point de départ du printemps .
L’arbre, transmetteur du vivant et réceptacle de l’information lumineuse et nourricière.
Ceci, jusqu’au milieu de l’année, où l’on croise, sans s’offusquer, l’Arbre double-face, tantôt ombre, tantôt lumière : les jumeaux célestes incarnés, on les accueillent depuis toujours, aux feux de la Saint Jean.
Alors, ivre de fêtes, l’arbre revêt sa robe rousse chatoyante qui brille encore, même au cœur de la nuit ; il chante et charme son amie la Lune .
Pourtant, c’est l’heure de rentrer le blé qui a blondit au soleil car la terre commence à frémir sous le sautillement des perles de pluie, telle Demeter, elle se doit d’un échange contre la sueur des derniers soirs d’été.
Par une nuit de tempête ou peut-être un matin, l’arbre tombe sa robe devenue flétrie et s’écarquille de ses branches calcinées sur l’horizon. Aube, aurore et crépuscule écarlates se fissurent faisant place au grand alchimiste . Dans son armure vif argent, il transparaît là - ombre grisonnante, ses griffes s’arque-boutent, effleurant la limite de l’Espace, au-delà des boules blanches et cotonneuses virevoltantes du ciel.
Le vide sombre et creux des ténèbres ouvre sa gueule noire de bile ; le vent tourne et s’y déplace. Tourbillon ricanant, soulevant le tapis de feuilles moribondes, l’ombre dévorante transforme les enfants roux de l’arbre - robe toge enveloppante - en un linceul de poussière qui s’évapore dans les airs.
Ainsi l’arbre se fige dans son tableau d’hiver, le tronc flanqué sur la corde nue de l’horizon.
L’arbre-croix s’incarne au ciel tandis que la Terre-Mère gît dans son lit drapé de givre.
Descendue jusqu’aux tréfonds de son corps, de sa main, la Déesse retient une des plus longues racines de l’arbre , cordon de l’espoir qui, peut-être, après bien des nuits de rêves, lui permettra son Éveil.
Tel est l’Ascension de l’arbre .
Un petit miracle, où bientôt, les oiseaux reviendront pour y construire un autre nid.
Ainsi, l’arbre s’éveillera pour un nouveau cycle.
Pour nous saluer encore, sur les chemins de nos vies.
Simple est l’Arbre car Simple est la Vie.
Corinne de La Maline.

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